Dans une petite
semaine, le Tournoi revient, avec son lot d'espoirs et, souvent, de
déceptions. Alors que les défections pour cause de blessure se
succèdent dans les rangs tricolores, on peut s'interroger sur les
chances de succès du XV de France.
Même si les tests de novembre, comme ceux
de l’été, ne sont pas totalement significatifs (les équipes
de l’hémisphère nord étant généralement en pleine forme en
automne alors que celles du sud achèvent leur saison), leurs
résultats nous éclairent sur la situation des forces en présences.
Les dernières confrontations en H Cup ont achevé de nous en
convaincre : deux équipes se détachent du peloton des équipes
européennes, la France et l’Irlande.
La France, malgré sa déconfiture
marseillaise face aux Blacks, a arraché quelques sourires à ses
supporters et donné quelques espoirs aux sélectionneurs. Pourtant
XV de France a, de nouveau, montré ses difficultés, pour ne pas
dire son incapacité, à enchaîner deux performances "mondiales"
contre les grosses cylindrées sudistes. L’intermède Samoan
aura simplement permis d’apprécier l’application des
bleus dans un type de match où il est facile de faire rapidement
n’importe quoi. Au passage, on aura pu constater combien les
promesses Pacifiques restent encore suspendues aux progrès à
accomplir par ces équipes en termes de régularité, de discipline et
de technique collective.
Bref, pour le XV de France, c’est
« élève doué, du potentiel, mais peut mieux faire ». La
faute notamment à un collectif insuffisamment huilé (qui ne
s’entraîne guère plus que les sélections d’il y a
quinze ans…) et aux blessures qui ont empêché les
sélectionneurs d’aligner deux fois la même équipe. A cet
égard, les rendez-vous se suivent et se ressemblent pour la
sélection tricolore, puisque, on l'a dit, plusieurs cadres de
l'équipes seront absents. Marc Lièvremont et ses collègues devront
composer un groupe qui souffrira sans doute d'une cohésion
amoindrie par rapport à celui qui aurait dû, en toute logique être
bâti dans la continuité des tests de novembre.
Le calendrier est favorable, puique le XV de France
recevra l'Irlande et l'Angleterre. Mais, même en cas de victoire
face à ces deux gros morceaux, il faudra également l'emporter au
MIllénium, contre le Pays de Galles. Et les voyages à Cardiff ne
sont plus aussi reposants qu'il y a encore une dizaine
d'années...
L’Irlande est la meilleure équipe
d’Europe à l’heure actuelle. C’est
l’International Rugby Board qui le dit, puisque
l’équipe d’Erin est classée au 4ème rang du
« World ranking » établi par l’IRB à l’issue
des test-matches de novembre. Les verts supplantent
d’ailleurs les bleus qui glissent à la 5ème place
de ce classement. C’est une belle récompense pour les
coéquipiers de Brian O’Driscoll très en vue cet automne, et
pour le rugby Irlandais qui a récolté deux trophées majeurs en 2009
: Grand Chelem dans le Tournoi et Heineken Cup pour la province du
Leinster. L’Irlande n’a pas perdu le moindre match en
2009, même s’il faut relativiser cet exploit puisque les
équipes Celto-britanniques n’ont pas disputé de test cet été
pour cause de tournée des Lions.
Les deux provinces du Munster et du
Leinster qui composent l'essentiel du XV d'Irlande, sont qualifiées
pour les quarts de finale de la H Cup, sans contestation. On se
souvient de la leçon donnée sur son terrain à l'USAP, en phase de
poule, par le Munster de Paul O'Connell.
L’équipe d’Irlande est
incontestablement au dessus du panier. Cet automne, son match nul
contre l’Australie et sa victoire face aux Springboks furent
probants, même si ces deux équipes ont connu des sautes de niveau
imputées à leur fraîcheur physique déclinante. On ne peut
s’empêcher d’être admiratif devant la constance dont a
fait preuve la sélection Irlandaise en 2009, avec, pour couronner
le tout, l’éclosion d’un ouvreur doté d’un gros
potentiel, le jeune Jonathan Sexton. La confiance est énorme chez
Brian O'Driscoll et ses coéquipiers. Au stade de France, le 13
février prochain, il faudra avoir les reins solides car l'Erin le
sera également...
Les Gallois, qu’on a connu plus
fringants il y a encore un an, ont connu un automne mitigé. Ils ont
subi la loi des Australiens et auraient bien pu (dû) subir celle
des Samoans sans un arbitrage relativement complaisant. Certes, les
coéquipiers du ludion Shane Williams ont battu les Argentins. Mais
les Pumas avaient les crocs un peu élimés. L’absence de
Juan-Martin Hernandez pèse sur cette équipe qui pointe actuellement
à 7ème place du ranking de l'IRB. Toujours est-il que les Gallois
sont en (relative) perte de vitesse. Mais on sait qu'ils seront,
chez eux, difficiles à battre.
Un peu fanée, la rose. Elle cherche à retrouver des
couleurs. Une série de tests mi-figue, mi-raisin cet automne et un
Martin Johnson qui cherche la clé d'une réussite durable, qui
semble vouloir le fuir. Le retour au plus haut niveau de Jonny
Wilkinson devrait apporter un supplément d'âme à un XV d'Angleterre
qui souffre des résultats peu convaincants des clubs de premiership
en H Cup et de la crise (passagère ?) que traversent certains de
ses clubs phares. Mais il ne faut pas enterrer la Blanche Albion.
Elle saura peut-être se rappeler aux pires souvenirs des supporters
du XV de France, le 20 mars prochain au Stade de France.
Restent l'Ecosse et l'Italie. La première, à l'image de
son match contre l'Australie cet automne, et de ses clubs en H Cup,
est susceptible de faire chuter un favoris. Mais, pour tout dire,
on n'y croit pas beaucoup. Quant à l'Italie, elle devrait continuer
à occuper sa place habituelle de bonne dernière. A moins qu'elle ne
le laisse à l'Ecosse. Mais entre les deux équipes, le fossé qui
paraissait s'être quelque peu comblé ces derniers temps paraît de
nouveau avoir pris des proportions inquiétantes. On attend un
démenti sur le terrain...
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