La cabina e caduta sul cane

"On est en train de donner raison à nos détracteurs".

Ces propos, Marc Lièvremont les tenaient à la mi-temps de ce France-Italie historique. Historique, car ce match est le premier remporté par la Squadra azzura face à la France dans le Tournoi des six nations. Bien mieux, il s'agit du premier succès Italien contre les bleus depuis 1997. On est heureux pour Sergio Parisse et ses hommes, pour Nick Mallett, le sélectionneur sur la sellette depuis plusieurs mois. Et surtout pour les supporters Italiens d'un sport confidentiel, loin derrière le football en termes de popularité.

Comme on aurait aimé ne pas avoir raison contre Marc Lièvremont. Comme cette défaite est humiliante à quelques mois de la Coupe du monde. Il serait trop facile de dire que l'équipe était dans un jour sans, que "rien n'a voulu sourire". Cette équipe de France est au fond du seau, à tous points de vue. La cabane Italienne est tombée sur le chien tricolore, et celui-ci est vraiment mal en point.

Pour faire bref, tous les points faibles mis en exergue depuis plus d'un an ont été mis en lumière cet après-midi. L'absence de schéma offensif cohérent, les limites de la paire Jauzion - Rougerie et de Yoann Huget, le niveau fluctuant de la paire Parra - Trinh-Duc, les errements défensifs qu'on pensait disparus depuis 2003. Et, naturellement, la confirmation que Sébastien Chabal n'apporte rien à cette équipe. C'est simple, cet après-midi, le barbu préféré des Français(es) a erré comme une âme en peine sur le terrain, gènant même ses coéquipiers à une ou deux reprises. A tel point qu'on se demandait parfois si ce n'était pas le Chabal du musée Grévin...

Certes, la mêlée a tenu le choc face à une référence en ce domaine. Mais à quoi bon ? La sortie de Wiiliam Servat en deuxième mi-temps et son remplacement par Guilhem Guirado produisit les effets habituels, que ce soit en mêlée, en touche ou même dans le jeu courant, confirmant qu'il n'y a personne derrière la bûche toulousaine. Croisons les doigts pour que Dimitri Szarzewski gagne son pari d'être rétabli à temps pour la Coupr du monde.

Au-delà des joueurs qui composent le groupe, c'est la question du maintien des sélectionneurs qui, une fois de plus, est posée. Malgré toute l'estime qu'on peut porter aux hommes et à leurs convictions, cette nouvelle défaite est celle de trop.

Même s'ils n'ont pas pu disposer des internationaux aussi longtemps qu'ils l'auraient souhaité, ils ont néanmoins eu suffisamment de temps pour que la faillite de cet après-midi ne soit pas considérée comme un accident de parcours. Au mieux, les joueurs ne comprennent pas ce qu'on leur demande. Au pire, on ne leur demande rien qui puisse ressembler à un plan de jeu.

On sait bien que le temps est désormais trop court pour espérer un miracle dans six mois en Nouvelle-Zélande. Mais on aimerait un signe, quelque chose qui nous fasse croire qu'il est possible de sortir du marasme dans lequel le XV de France est plongé depuis trop longtemps.

Nos amis Italiens ont mérité leur victoire. Ils ont mis une grosse pression sur leurs adversaires et ont toujours cru en leur chance, même menés de 12 points à une demi-heure du terme du match. Ils ont compensé leurs limites offensives par une belle activité, recentrant leurs efforts dans l'axe quand leurs attaques au large les exposaient aux contres adverses. On souhaite que ce succès marque - enfin - l'arrivée de l'Italie au premier plan. Elle le mérite.

Quant aux Français, qu'ils méditent cette leçon d'humilité. Et que les enseignements qui s'imposent soient tirés !

France, Italie, Tournoi

samedi 12 mars 2011 20:37 , dans Tournoi des 6 Nations



5 commentaire(s)

  • frankiegabelou lun 14 mar 2011 21:32
    "La perversion des cités commence par la fraude des mots." (La République, Platon)

    Les commentaires de ML à chaud relèvent d'un manque de lucidité qui l'amène à se contredire dans ses propos, parfois même dans une seule et même phrase, et dans ses actes. Disqualifiant pour un manager.
    Il faut toutefois relativiser sa responsabilité et celle des joueurs qui ont vécu ce qu'avant eux Gallois et Irlandais auraient pu vivre sans qu'il y'ait à crier au scandale. Le résultat n'est donc que justice pour les Italiens et il n'y a pas de honte à être battu par meilleur que soi.
    Mais nous portons le poids d'un passé brillant où le rêve accompagnait des résultats tout aussi irréguliers qu'aujourd'hui et ce poids est écrasant pour le staff et les joueurs.
    Un instant de réflexion devrait nous aider à nous souvenir d'une inefficacité offensive constante depuis plusieurs années, avec notamment un ratio possession dans la moitié adverse/points marqués à la traîne par rapport aux autres grandes nations. La défense et la discipline héritées de l'ère Laporte ont longtemps maqué nos lacunes.
    Ajoutons des carences aux postes clés, un soupçon de quête idéaliste et nous avons les ingrédients d'une grande désillusion.
    Des solutions?
    Si l'on veut une rébellion, il faut des rebelles et pour l'instant, le talent, la fougue sont au frigo avec les poètes maudits. Je ne donnerai pas de nom, on pourrait leur porter tort.
    Il est vrai que c'est plus facile de gérer des individus sans relief que des egos surdimensionnés, mais le vrai haut niveau passe peut-être par là.
    Bravo pour le blog
    Bonjour à pacalou-sans-s
  • Pacalou-sans-S dim 13 mar 2011 23:35
    Ce qu'il y a d'étonnant avec l'EDF, en ce moment, c'est qu'à chaque match on craint le pire, et c'est toujours ce qui arrive !

    Ce match contre l'Italie est fort instructif.
    Il confirme, car certains n'étaient manifestement pas encore convaincus, que le discours de ML ne passe pas auprès de son équipe, et qu'un fossé immense s'est creusé entre les deux parties.
    Les propos utilisés par ML au sujet de la trahison, etc... marquent son immaturité et sa bêtise. A aucun moment il ne pose la question de sa responsabilité. Croyez-vous qu'avec le même groupe et un G. Noves ou un F. Galthié on en serait là aujourd'hui ?!
    Et maintenant on change 8 joueurs, pour faire venir des gars dont on n'a pas la moindre idée de leur niveau international.
    On est foutu, je vous le dis ! On marche même sur la piste de l'EDF de foot, de Domenech et du grand n'importe quoi !
    Il n'y a plus d'issue avec cet entraineur. La cassure est irrémédiable.Seule la démission et la constitution d'une cellule de crise avec un autre entraineur, un VRAI et une sélection maintenue en vase clos aurait pu nous donner un petit espoir pour septembre.
    Mais il est tellement plus facile de jeter l'opprobre sur la lâcheté des autres...
    Salutations
  • guillaume dim 13 mar 2011 21:48
    une synthèse parfaite. C toujours un réel plaisir de lire vos articles.
  • jluc dim 13 mar 2011 17:09
    Le pire, c'est qu'avec un peu d'intelligence, on aurait pu faire comme les Irlandais et claquer le drop de la victoire au lieu de s'acharner à décrocher une pénalité sur mêlée enfoncée qui ne serait jamais venue.
    Que cette défaite serve donc au grand déballage, que tout le monde se remette en cause (joueurs, entraîneurs et dirigeants), qu'on en tire les conclusions (et pas un statu-quo svp), et qu'on tire tous dans le même sens derrière un nouveau projet (pas que de jeu).
    L'exemple du foot est encore suffisamment chaud pour éviter les mêmes erreurs. Car à l'automne prochain, on peut se demander comment serait gérée une branl### face aux Blacks en poule, une semaine avant d'affronter les Tongas pour un faux 8è de finale. Croire qu'on va arriver en quarts, qu'on fera un petit exploit (sortir les Rosbifs) et qu'on aura ainsi réussi notre CM devient de plus en plus un affront au valeurs du rugby et du sport en général.
  • Pierre dim 13 mar 2011 13:56
    Un billet parfaitement équilibré. Cela faisait effectivement plaisir de voir la joie de nos amis italiens. Ce la faisait peine de constater la friabilité mentale d'une équipe de France qui ne croit plus vraiment en elle depuis sa déculottée contre l'Afrique du Sud et se met à paniquer dès que le score est serré. Si toutes les équipes de France qui avaient pris des « branlées » dans le passé n’avaient pas su rebondir après, cela se saurait. Je crois plus à la fragilité psychologique du groupe dans son entier qu’à la faiblesse conjuguée des individualités comme étant à la base de cette déroute. Un amour propre blessé, la belle affaire. Un manque de confiance en soi, plus grave.


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