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Culture rugby

Disparition d'un pionnier du rugby moderne  (Culture rugby) posté le mardi 12 janvier 2010 19:40

Son nom ne dira sans doute pas grand chose, même aux amateurs de rugby. Et pourtant, c'est un monument du rugby qui s'est en allé. René Deleplace, 88 ans, ne fut pas un grand joueur. Il ne fut pas une figure de la Fédération française de rugby. Ironie du sport, il naquit à Calais, bien loin du "pays d'ovalie" qui fleurit quelques centaines de kilomètres plus au sud.

Et pourtant, le rugby moderne, s'il ne lui doit sans doute pas tout, lui est grandement redevable. Théoricien génial du jeu, il écrivit deux ouvrages de référence, au mitant des années 60 ("Le rugby") et à la fin des années 70 ("Rugby de mouvement, rugby total").

Ces livres créèrent un véritable choc dans le landernau du rugby Français et certains, plus avisés que d'autres (les Toulousains Robert Bru et Pierre Villepreux en particulier) surent profiter de l'aubaine pour transformer en profondeur l'approche technique et tactique de ce sport. Ce n'est pas un hasard si, désormais, le club rouge-et-noir fait aujourd'hui figure de modèle, car c'est dans ce club que les théories de René Deleplace trouvèrent un des terreaux les plus fertiles.

René Deleplace fit profiter son club d'Arras de sa science du jeu. Et les entrainements qui s'y pratiquèrent attirèrent des joueurs venus de toute la France, et même des Iles Britanniques.

Malheureusement pour le rugby français, les dirigeants de la FFR ne virent pas, ou ne voulurent pas voir, tout l'intérêt qu'il y avait à adopter les méthodes de René Deleplace. Retrospectivement, on peut nourrir quelques regrets.

On saluera donc un pionnier, qui aura su "découvrir" le rugby moderne avant tout le monde...

 

(Merci à Richard Escot de m'avoir fait découvrir cet homme incroyable et son parcours atypique dans l'ovalie hexagonale).

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Au stade du mythe : le Parc des Princes  (Culture rugby) posté le jeudi 27 août 2009 10:30

C'est devenu une antienne, prononcée par tous ceux qui ont eu la chance de connaître "le Parc" au siècle dernier.

Plus précisément avant 1998, date à laquelle le XV de France et les finalistes du championnat de France de première division émigrèrent dans une enceinte plus vaste, mais trop large, trop froide, qui sonne creux même lorsque les supporters y mettent la meilleure volonté. Ce refrain, bien connu, est le suivant :

"C'était mieux du temps du Parc des Princes".

Pour les amateurs de rugby, le Parc est le symbole d'une ovalie qui n'existe plus tout à fait, celle d'un temps où "on montait à Paris" par le train qui arrivait à la gare d'Austerlitz, et où l'on pouvait savourer une troisième mi-temps sans avoir à transhumer par un RER aussi agréable à prendre qu'un plaquage de Serge Besten. Bref, le Parc, c'était d'abord un état d'esprit et une ambiance incomparable.

Fondé en 1897, le Parc des Princes est d'abord un stade vélodrome. Mais il accueille rapidement des matches de football et de rugby. C'est dans ce lieu que se disputa la fameuse rencontre opposant le XV de France aux All Blacks, le 1er janvier 1906, véritable acte fondateur de notre équipe nationale.

Mais dès 1920, le Parc est concurrencé par le Stade de Colombes, où l'équipe de France disputera la quasi-totalité de ses matches jusqu'en 1972.

A cette date, le Parc des Princes, qui a été entièrement reconstruit sous la férule de l'architecte Roger Taillibert, devient LE stade de rugby du XV de France. De 1972 à 1997, les coqs y disputent 51 matches du Tournoi des cinq nations et 14 Test matches. On retiendra notamment la rencontre face aux Lions Britanniques, qui firent ici une exception au principe selon lequel ils ne jouent que contre leurs anciens Dominions. On notera d'ailleurs que ce match n'a pas été considéré comme un Test par les Britanniques...Lors de cette partie, disputée en 1989, les Français s'inclinèrent 27-29 au terme d'un match splendide, marquée de la patte de Serge Blanco.

A partir de 1974, la Fédération française décide d'y organiser également les finales du championnat de France, jusque là disputées dans différents stades de l'hexagone. Avec huit Brennus, l'AS Béziers est l'équipe la plus titrée sur cette pelouse, suivie de très près par le Stade Toulousain (7 victoires, dont la dernière finale disputée au Parc, contre le CS Bourgoin-Jallieu).

Le XV de France a connu au Parc des Princes un "baisser de rideau" tragique du 22 novembre 1997. Ce jour là, XV coq en galère subirent une correction magistrale de la part des Springboks (10-52), quelques mois seulement après y avoir scellés leur 5ème Grand Chelem en Tournoi des cinq nations face aux Ecossais. De cette déroute est, paradoxalement, issu le renouveau d'une équipe qui, emmenée par Raphaël Ibanez, connaîtra les joies d'un nouveau grand Chelem, au Stade de France cette fois, puis une finale de Coupe du Monde en 1999.

L'équipe de France a vécu un retour douloureux dans cette enceinte, où elle disputa le match pour la 3ème place de la Coupe du Monde 2007 face à l'Argentine. Dans un Parc tristounet, le XV de France s'inclina pour la deuxième fois contre des Pumas au sommet de leur "art" (roublardise incluse).

Depuis l'avénement du Stade de France et en dehors de la Coupe du Monde qui a mobilisé ses importantes capacités (49000 places), le Parc des Princes n'accueille plus de rencontres de rugby opposant des équipes nationales. En revanche, le Stade Français, sous la houlette de son président Max Guazzini, y a disputé plusieurs matches de Coupe d'Europe ou de Championnat.

On se souvient notamment d'un somptueux Stade Français - Toulouse en 2005. Malheureusement pour les amoureux du ballon ovale, le club résident du Parc, le PSG, n'est pas disposé à prêter son jouet.

C'est dommage, car la sonorité particulière de cette enceinte en forme de conque, la proximité qu'elle offre aux spectateurs (jamais éloignés de plus de 45 mètres de la ligne de touche, contre près du double pour le Stade de France), la localisation du stade dans Paris et, évidemment, son histoire, en font un lieu magique pour le rugby. 

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100 ans de Brennus en vidéo  (Culture rugby) posté le vendredi 26 décembre 2008 18:37

S'il ne compte pas vraiment parmi les nouveautés du moment, le DVD "100 ans de finales" devrait avoir une durée de vie importante, bien plus notamment que les quelques galettes insipides proposées après la dernière Coupe du Monde et qui n'ont d'anthologie que le nom...

Il n'est pas ici question du trophée "William Webb Ellis", mais d'un autre beaucoup plus ancien : le bouclier de Brennus, offert en 1892 par le Baron Pierre de Coubertin au premier vainqueur de ce qu'on n'appelait pas à l'époque le championnat de France, et qui est depuis devenu "le bout de bois" le plus convoité du rugby hexagonal.

Le DVD "100 ans de finales" est déjà relativement ancien. Il s'agit même de l'édition numérique d'un titre sorti préalablement en cassette video. Mais on le trouve encore sur certains sites marchands du net.

Il retrace, comme son nom l'indique, un siècle de confrontations, depuis le premier sacre du Racing Club de France en 1892 jusqu'à celui de Toulon en 1992. Images copieuses à l'appui, ce documentaire de près de 2 heures présente les finales en rappelant leur contexte historique et sportif. De nombreux témoignages illustrent le propos. On revoit avec une certaine émotion les Dauger, Prat ou Charvet livrer leurs souvenirs, souvent très précis, et revenir sur une action, un fait de match ou rappeler ce qu'était le rugby à leur époque.

Et c'est précisément l'intérêt de ce documentaire que de proposer aux amateurs des interviews de joueurs, entraineurs ou dirigeants aujourd'hui âgés ou disparus. Le rugby évoqué par ces protagonistes est sans doute aujourd'hui révolu : amateurisme marron, troisièmes mi-temps échevelées, physiques loins des "Dieux du Stade", tactiques élaborées sans l'aide de la vidéo ou des ordinateurs. La passion n'en demeure pas moins bien présente, chevillée au corps et à l'âme de tous ceux qui témoignent devant la caméra du réalisateur, Jacques-Alain Raynaud.

On ne boudera donc pas son plaisir en visionnant ce DVD tout à fait passionnant.

100 Ans de finales

Scope2 Editions

19,95€

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Des rugbymen tombés au champ d'honneur.  (Culture rugby) posté le mardi 11 novembre 2008 13:48

A l'occasion des commémorations du 11 novembre, Renvoi aux 22 vous propose de relire cet article publié le 28 mars 2008 pour saluer la disparition du dernier "poilu" Français.

La mort de Lazare Ponticelli marque la disparition des témoins oraux de la Grande Guerre. Malgré le temps qui passe, il importe que le souvenir demeure de cette tragédie épouvantable, qui vit mourir la fine fleur de la jeunesse mondiale.

Au nombre des morts au champ d'honneur (au champ d'horreur, chantait Brel dans "Jaurès"), on compte évidemment des joueurs de rugby, et parmi eux des internationaux. Ils furent ainsi 24 Français à avoir porté le bleu de France sur leur maillot et qui tombèrent en bleu horizon.

Certains sont restés dans les mémoires, grâce aux municipalités qui ont rebaptisés leurs stades en leur honneur. Ainsi, le club de Dax évolue au stade Maurice Boyau, qui fut tué le 16 septembre 1918.

Parmi ces 24 noms, celui d’Alfred Mayssonnié (photo), mort dès le 6 septembre 1914 au cours de la bataille de la Marne, est encore honoré chaque 11 novembre à Toulouse.

Evidemment, la France n’est pas la seule nation à avoir déploré la disparition d’internationaux lors du premier conflit mondial. Les pays Anglo-saxons payèrent un lourd tribut à cette guerre. L’Ecosse vit 30 de ses internationaux disparaître, l’Angleterre 27, la Nouvelle-Zélande 12.

La Fédération Française de Rugby a d’ailleurs souhaité commémorer le sacrifice de ces hommes en donnant le nom de Dave Gallaher au trophée disputé à l’occasion des test-matches qui opposent, lors des tournées de novembre, le XV de France à celui de Nouvelle-Zélande. Dave Gallaher, célèbre capitaine des All Blacks qui disputèrent la fameuse tournée " invincible " de 1905, mourut à l’âge de 44 ans, le 4 octobre 1917, à Passchendaele en Belgique.

 

Ci-dessous, un lien vers le site " Anovi ", qui présente les pertes causées par la Grande guerre parmi les internationaux de rugby.

 http://www.grande-guerre.org/Pertes/rugby.htm

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Au stade du mythe : Twickenham, Londres  (Culture rugby) posté le lundi 03 novembre 2008 20:10

"Les catholiques ont la basilique Saint-Pierre de Rome, les sikhs le Golden Temple, kes Incas le Machu Pichu, les footballeurs le Maracana, et les rugbymen Twickenham ! Ceux qui ont eu le privilège d'y jouer ne serait-ce qu'une fois en font l'honneur d'une vie. Ceux, plus nombreux, qui ont eu la chance de venir s'y asseoir un jour de match entrent définitivement dans dans la grande famille d'Ovalie."

En quelques lignes, Daniel Herrero, dans son Dictionnaire amoureux du rugby, a donné la meilleure définition qui soit de ce temple du rugby, "un stade noble, un rendez-vous pour hommes libres" selon Jean Lacouture. Il est l'écrin d'un sport inventé à quelques centaines de kilomètres plus au nord.

Après des test-matches face aux All Blacks et aux Sud-Africains en 1905 et 1906, la Fédération anglaise de rugby disposa d'une somme conséquente qu'elle décida d'utiliser pour acquérir un terrain de "10 acres et 1/4" au sud-ouest de Londres. C'est donc dans un quartier de la banlieue de la capitale Britannique, à Twickenham, que se construisit le stade éponyme.

Le premier match y opposa l'équipe des Harlequins à celle de Richmond en 1909. Le test-match Angleterre - Pays de Galles, le 15 janvier 1910, fut la première rencontre internationale disputée dans ce stade. L'équipe de la Rose ne le quittera plus. Elle y disputera notamment la finale de la Coupe du Monde 1991, remportée par l'Australie de David Campese.

 

Parmi les rencontres importantes, notons celle du centenaire de la fédération Anglaise, disputée en 1971 et à laquelle participèrent deux Français, Jo Maso et Pierre Villepreux au sein d'une sélection mondiale qui l'emporta 28 à 11 devant les sujets de sa très gracieuse Majesté.

C'est dans ce stade que fut adopté en 1988 l'hymne du XV d'Angleterre, le fameux "Swing low, sweet chariot" (Voir l'article de Renvoi aux 22 sur ce thème).

Daniel Herrero compare le stade de Twickenham à une basilique. Et comme dans un lieu de culte, on y fait silence. Ainsi au moment où le buteur s'apprète à frapper son coup de pied. Comme un hommage à la ferveur du public pour ce sport, le XV de France y inscrivit  "l'essai du siècle", à l'occasion du Tournoi 1991.

Et même si les tricolores n'y ont pas que de bons souvenirs, loin de là, on se souviendra que cette pelouse fut, le temps d'une demi-finale de coupe du Monde en 1999, un jardin à la française, entouré de supporters britanniques devenus ceux du XV du coq.

 

Modernisé au fil du temps, Twickenham est devenu une enceinte fermée, pouvant accueillir jusqu'à 82.000 spectateurs. Même s'il ne ressemble plus vraiment au stade des origines, il conserve un charme sans égal.

Sur un plan plus prosaïque, on indiquera que le stade étant la propriété de la puissante RFU, il lui permet de dégager chaque année d'importantes ressources pour le rugby Anglais.

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