Accueil Date de création : 29/08/07 Dernière mise à jour : 17/03/10 20:44 / 578 articles publiés
 

Rugby international

Tournoi 2010 : l'Erin et les autres  (Rugby international) posté le samedi 30 janvier 2010 16:10

Dans une petite semaine, le Tournoi revient, avec son lot d'espoirs et, souvent, de déceptions. Alors que les défections pour cause de blessure se succèdent dans les rangs tricolores, on peut s'interroger sur les chances de succès du XV de France.

Même si les tests de novembre, comme ceux de l’été, ne sont pas totalement significatifs (les équipes de l’hémisphère nord étant généralement en pleine forme en automne alors que celles du sud achèvent leur saison), leurs résultats nous éclairent sur la situation des forces en présences. Les dernières confrontations en H Cup ont achevé de nous en convaincre : deux équipes se détachent du peloton des équipes européennes, la France et l’Irlande.

La France, malgré sa déconfiture marseillaise face aux Blacks, a arraché quelques sourires à ses supporters et donné quelques espoirs aux sélectionneurs. Pourtant XV de France a, de nouveau, montré ses difficultés, pour ne pas dire son incapacité, à enchaîner deux performances "mondiales" contre les grosses cylindrées sudistes. L’intermède Samoan aura simplement permis d’apprécier l’application des bleus dans un type de match où il est facile de faire rapidement n’importe quoi. Au passage, on aura pu constater combien les promesses Pacifiques restent encore suspendues aux progrès à accomplir par ces équipes en termes de régularité, de discipline et de technique collective.

Bref, pour le XV de France, c’est « élève doué, du potentiel, mais peut mieux faire ». La faute notamment à un collectif insuffisamment huilé (qui ne s’entraîne guère plus que les sélections d’il y a quinze ans…) et aux blessures qui ont empêché les sélectionneurs d’aligner deux fois la même équipe. A cet égard, les rendez-vous se suivent et se ressemblent pour la sélection tricolore, puisque, on l'a dit, plusieurs cadres de l'équipes seront absents. Marc Lièvremont et ses collègues devront composer un groupe qui souffrira sans doute d'une cohésion amoindrie par rapport à celui qui aurait dû, en toute logique être bâti dans la continuité des tests de novembre.

Le calendrier est favorable, puique le XV de France recevra l'Irlande et l'Angleterre. Mais, même en cas de victoire face à ces deux gros morceaux, il faudra également l'emporter au MIllénium, contre le Pays de Galles. Et les voyages à Cardiff ne sont plus aussi reposants qu'il y a encore une dizaine d'années...

L’Irlande est la meilleure équipe d’Europe à l’heure actuelle. C’est l’International Rugby Board qui le dit, puisque l’équipe d’Erin est classée au 4ème rang du « World ranking » établi par l’IRB à l’issue des test-matches de novembre. Les verts supplantent d’ailleurs les bleus qui glissent à la 5ème place de ce classement. C’est une belle récompense pour les coéquipiers de Brian O’Driscoll très en vue cet automne, et pour le rugby Irlandais qui a récolté deux trophées majeurs en 2009 : Grand Chelem dans le Tournoi et Heineken Cup pour la province du Leinster. L’Irlande n’a pas perdu le moindre match en 2009, même s’il faut relativiser cet exploit puisque les équipes Celto-britanniques n’ont pas disputé de test cet été pour cause de tournée des Lions.

Les deux provinces du Munster et du Leinster qui composent l'essentiel du XV d'Irlande, sont qualifiées pour les quarts de finale de la H Cup, sans contestation. On se souvient de la leçon donnée sur son terrain à l'USAP, en phase de poule, par le Munster de Paul O'Connell.

L’équipe d’Irlande est incontestablement au dessus du panier. Cet automne, son match nul contre l’Australie et sa victoire face aux Springboks furent probants, même si ces deux équipes ont connu des sautes de niveau imputées à leur fraîcheur physique déclinante. On ne peut s’empêcher d’être admiratif devant la constance dont a fait preuve la sélection Irlandaise en 2009, avec, pour couronner le tout, l’éclosion d’un ouvreur doté d’un gros potentiel, le jeune Jonathan Sexton. La confiance est énorme chez Brian O'Driscoll et ses coéquipiers. Au stade de France, le 13 février prochain, il faudra avoir les reins solides car l'Erin le sera également...

 

Les Gallois, qu’on a connu plus fringants il y a encore un an, ont connu un automne mitigé. Ils ont subi la loi des Australiens et auraient bien pu (dû) subir celle des Samoans sans un arbitrage relativement complaisant. Certes, les coéquipiers du ludion Shane Williams ont battu les Argentins. Mais les Pumas avaient les crocs un peu élimés. L’absence de Juan-Martin Hernandez pèse sur cette équipe qui pointe actuellement à 7ème place du ranking de l'IRB. Toujours est-il que les Gallois sont en (relative) perte de vitesse. Mais on sait qu'ils seront, chez eux, difficiles à battre.

Un peu fanée, la rose. Elle cherche à retrouver des couleurs. Une série de tests mi-figue, mi-raisin cet automne et un Martin Johnson qui cherche la clé d'une réussite durable, qui semble vouloir le fuir. Le retour au plus haut niveau de Jonny Wilkinson devrait apporter un supplément d'âme à un XV d'Angleterre qui souffre des résultats peu convaincants des clubs de premiership en H Cup et de la crise (passagère ?) que traversent certains de ses clubs phares. Mais il ne faut pas enterrer la Blanche Albion. Elle saura peut-être se rappeler aux pires souvenirs des supporters du XV de France, le 20 mars prochain au Stade de France.

Restent l'Ecosse et l'Italie. La première, à l'image de son match contre l'Australie cet automne, et de ses clubs en H Cup, est susceptible de faire chuter un favoris. Mais, pour tout dire, on n'y croit pas beaucoup. Quant à l'Italie, elle devrait continuer à occuper sa place habituelle de bonne dernière. A moins qu'elle ne le laisse à l'Ecosse. Mais entre les deux équipes, le fossé qui paraissait s'être quelque peu comblé ces derniers temps paraît de nouveau avoir pris des proportions inquiétantes. On attend un démenti sur le terrain...

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L'Argentine, première "franchise nationale" ?  (Rugby international) posté le mercredi 23 septembre 2009 21:18

A ce stade, on ne peut formuler que conjectures et supputations. Mais la décision de la SANZAR d'accorder une place aux "Pumas" au sein des Tri-Nations (donc Four-Nations à compter de 2012) devrait très largement modifier les relations entre l'Argentine, ses joueurs et le reste de la planète ovale.

Depuis leur beau parcours en coupe du Monde, il y a maintenant deux ans, les sud-américains ont confirmé qu'ils faisaient bien partie des meilleurs joueurs du monde. Leur sélection, encore à la peine face aux monstres Néo-Zélandais et Sud-Africains, rivalise avec toutes les équipes de l'hémisphère nord. On pensait d'ailleurs que les Pumas intégreraient le Tournoi des six nations plutôt que son pendant sudiste.

Mais l'IRB, soucieuse de rééquilibrer une balance des pouvoirs penchant trop au nord, en a décidé autrement.

Avec cette intégration au sein des Tri-Nations, l'Argentine devrait pouvoir monter encore en puissance au sein du gotha international. Cela ne se fera pas sans mal, car affronter à la suite et à plusieurs reprises les trois ténors ne sera pas une sinécure. Mais on peut légitimement penser que le niveau de jeu des Pumas devraient largement bénéficier de ces séances de formation sur le tas...

Cette perspective n'inquiète pas seulement les supporters Français (qui se disent qu'avec ce régime sudiste, la bête noire du XV de France ne risque pas de mourir de sitôt), mais aussi et surtout les dirigeants des clubs de l'hexagone. Car le calendrier de la compétition australe devrait imposer aux joueurs Argentins de partir avec leur sélection alors que le Top14 sera déjà largement entamé. Certains ont déja calculé que les internationaux manqueraient une dizaine de journées, les premières qui plus est, quand se construisent la cohésion d'un groupe et les automatismes. Il n'est donc pas certain que les clubs soient tentés d'enrôler un Leguizamon ou un Roncero dans ces conditions.

 Que vont devenir les joueurs Argentins ? Ils parait peut concevable qu'ils puissent évoluer au sein du championnat Argentin, trop faible, ou dans une franchise made in Argentina dans le cadre du Super14. Cette dernière option n'est pas suffisamment intéressante financièrement pour les bailleurs de fonds de cette compétition.

Quant aux franchises déjà engagées dans ce championnat, il leur faudrait ouvrir leurs portes aux étrangers, ce que les Australiens et surtout les Néo-Zélandais ne semblent pas prêts à faire, du moins pas dans des proportions permettant d'accueillir tous les candidats à la sélection argentine.

Il n'y a guère de solutions. L'IRB évoque une participation à la Currie Cup d'équipes argentines, mais cela ressemble à une idée lancée en l'air plus qu'à un véritable projet. On peut de demander si l'équipe des Pumas ne va pas devenir une sorte de franchise, qui aurait sous contrat ses internationaux, et qui les "louerait" à des clubs pendant les périodes sans test-matches. Les contrats pour des demi-saisons, à la Dan Carter, pourraient alors être privilégiés.

Ce système, proche finalement de ce qui se fait dans les trois grandes nations de rugby de l'hémisphère sud, verrait la fin d'une belle histoire, celle qui lie le rugby hexagonal à ces gauchos venus l'enrichir de leur culture, de leur personnalité et de leur talent.

Il y a une relation très particulière entre les joueurs Argentins et la France. Cette relation qui a fait dire à certains, au moment de la Coupe du Monde, que les Pumas venaient mordre la main qui les avait nourri, et à d'autres, moins bornés, que les représentants du rugby Argentin ne pouvaient rêver meilleure occasion de montrer à la France combien ses entraineurs avaient bien travaillé et avaient eu raison de leur faire confiance. Et au fond, ces Argentins râleurs, gouailleurs, un peu hâbleurs sur les bords, on les aime bien, car ils nous ressemblent.

La décision d'intégrer les Pumas au prestigieux Tri-Nations va assurément faire basculer le rugby Argentin dans une nouvelle ère.

D'un certain point de vue, il n'est pas sûr, finalement, que cela soit une bonne nouvelle. 

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Jeux à VII  (Rugby international) posté le jeudi 13 août 2009 22:50

Mission accomplie (ou presque) pour Bernard Lapasset. La Commission exécutive du CIO a proposé de retenir le rugby à VII et le golf dans la liste des sports admis aux Jeux Olympiques de 2016. C'est l'assemblée générale du CIO qui entérinera ou non cette proposition en octobre prochain.

Il fait peu de doute désormais que le rugby fera son grand retour dans le giron olympique, 92 ans après la dernière apparition à des jeux.

C'est une superbe nouvelle, qui réjouira tous ceux qui aiment ce sport et regrettaient, tous les quatre ans, qu'il ne soit pas de la fête. Certes, c'est la version à sept et non à quinze qui aura droit de cité. Mais le format de la compétition oiympique, sur 15 jours, ne permet pas d'organiser un tournoi à 15, qui requiert des plages de repos trop importantes. N'oublions pas qu'une Coupe du Monde dure deux mois !

Qui plus est, le rugby à VII est largement pratiqué et son niveau est (un peu) plus homogène qu'à XV.

Bravo à Bernard Lapasset, qui signe un beau succès. Et bon vent au rugby olympique !

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Le Japon, enfin !  (Rugby international) posté le dimanche 02 août 2009 12:27

Cette fois, l'IRB a franchi la pas. Depuis le temps qu'on attendait la décision, on finissait par désespérer des dirigeants du Board. Mais ils ont fini par accorder au Japon le droit d'organiser une Coupe du monde.

Ce sera en 2019, car avant, il y aura l'édition Anglaise, en 2015. Pourquoi attendre la fin de la prochaine décennie pourront se demander certains ? Les plus naïfs y verront une habitude héritée de la cousine footballistique, consistant à ne pas organiser deux fois d'affilée une Coupe du monde sur le même continent.

Les autres, plus réalistes, diront qu'après une édition 2011 qui sera très vraisemblablement peu satisfaisante financièrement, l'IRB aura préféré se refaire en Angleterre quatre ans plus tard. Car le projet de nos amis Anglais promet 350 M€ de bénéfices, rien de moins. A comparer aux 10 M€ escomptés par les organisateurs Japonais. Et quand on sait que l'IRB se taille la part du lion dans la distribution de ces montants, on comprend assez bien la manoeuvre...

Peu importe affirmeront les plus optimistes. L'essentiel était de donner un signal fort d'ouverture à l'Asie. Ce continent, où le rugby est en plein essor, connait déjà les joies des compétitions de rugby à VII. Et la dernière Coupe du monde des moins de 20 ans (à XV) qui s'est tenue au Japon il y a quelques semaines, a démontré aux dirigeants de l'IRB qui pouvaient encore en douter combien était grand l'engouement des amateurs locaux pour ce sport. Sans même parler de l'organisation de la compétition, très impressionnante au dire des participants.

Le rugby Japonais est très axé sur l'université et le sport d'entreprise. Le niveau de jeu est encore médiocre au regard des standards internationaux, même s'il progresse chaque année. Les "grands" voisins que sont la Nouvelle-Zélande et l'Australie ne sont pas étrangers à cette situation paradoxale d'un rugby Japonais qui s'améliore constamment sans pour autant prendre l'envol attendu. En profitant de l'économie Japonaise (via sponsors et diffusions télévisuelles) et en refusant parallèlement d'installer une franchise japonaise dans le Super14, la Sanzar (qui regroupe les fédérations du Tri Nations) empêche sans doute au Japon de prendre toute la place qu'il mérite dans le giron international.

Nul doute que la Coupe du Monde 2019 donnera un coup d'accélérateur à l'ovalie japonaise et, plus loin, au rugby asiatique. Malgré un problème de gabarit (difficile de trouver pléthore de joueurs dimensionnés physiquement comme les avants modernes occidentaux), le rugby asiatique dispose d'indéniables atouts : vivacité, vellocité, adresse, mental. Loin des clichés occidentaux, le rugby "made in asia" constitue une des facettes de ce sport dont une des caractéristiques majeures est d'aspirer à l'universalité tout en se nourrissant des particularismes culturels propre à chaque région où il se pratique.

On est, disons-le sans ambage, très heureux de la décision de l'IRB, tout en regrettant qu'elle ne soit pas intervenue plus tôt. Avec tout le respect qu'on porte à la Nouvelle-Zélande ou à l'Angleterre, il n'est pas normal qu'une fédération internationale ne soit pas plus volontariste sur la promotion de son sport.

ばんざい, 万才, 万歳, 祝い (félicitation) au Japon et vivement 2019.

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Les patrons, c'est les Boks !  (Rugby international) posté le samedi 01 août 2009 22:20

Actuellement, qu'on apprécie ou non le jeu quelque peu unidimensionnel des Springboks, force est de constater qu'ils sont pour l'instant devant les autres.

C'est en tout cas l'impression qu'on peut avoir après le match qui opposait aujourd'hui l'Afrique du Sud à la Nouvelle-Zélande dans le cadre de la troisième journée du Tri Nations.

Même si les Blacks nous font l'impression d'être en deçà de leur niveau "habituel", le match d'aujourd'hui a été impressionant d'engagement et a donné lieu à quelques belles phases de jeu.

A l'intensité physique des Boks (qui leur a valu deux cartons jaunes),es Blacks ont opposé - par intermittence malheureusement, un jeu de mouvement qu'on ne leur avait plus vu depuis quelques temps.

Mais à trop se débarasser du ballon par un jeu au pied approximatif, les hommes du capitaine Richie McCaw ne sont pas parvenu à ébranler la confiance...massive des champions du monde. A l'image de leur ouvreur, Morné Steyn, les Boks ont fait preuve d'une grande efficacité, sans pourtant éblouir par leur jeu. C'est simple, direct, sans fioriture. Et ça gagne.

A vrai dire, on ne voit pas trop comment ce Tri-Nations pourrait échapper aux hommes de Peter de Villiers. Il y avait d'ailleurs beau temps que les Springboks n'avaient pas remporté deux matches d'une série face aux Blacks. Onze ans exactement. C'est dire combien la victoire d'aujourd'hui fait figure de symbole.

Le point fort des Boks est sans conteste leur capacité à porter le ballon et à imposer un défis physique de tous les instants à leurs adversaires. Ce n'est certes pas nouveau, et leurs succès en Coupe du Monde 95 et 2007 ont été batis sur le combat. La solidité en mêlée et l'alignement redoutable en touche permet aux Sud-Africains de disposer de nombreux et propres ballons d'attaque. La défense est quant à elle très au point, et parait savoir s'adapter à l'adversaire.

A cet égard, contre les Blacks, les coéquipiers de Victor Matfield ont privilégié une défense inversée, pour couper les extérieurs et éviter de subir les accélérations des deux ailiers Néo-Zélandais. Et cette fois, ils n'ont pas eu trop de saute de concentration, comme ce fut le cas la semaine passée. Cela valait d'ailleurs mieux pour eux, car les Néo-Zélandais avaient décidé de se passer le ballon. Mais c'est surtout en contre que les joueurs à la fougère ont créé le plus de danger, marquant d'ailleurs un très bel essai par leur 2ème ligne Isaac Ross.

Cependant, en assurant proprement leur conquête et en conservant le ballon au gré de rucks bien négociés, les Boks ont poussé les défenseurs Blacks à faire beaucoup de fautes (notamment Richie McCaw, auquel l'arbitre Gallois Nigel Owens n'a pas laissé la liberté habituelle dans les regroupements, ce qui l'a empêché d'avoir son rendement habituel).

Quand, en plus, le buteur Sud-Africain "claque" un 8 sur 9 aux tirs au but, on se dit que la mission était aujourd'hui impossible pour les hommes de Graham Henry.

31 - 19 au final, et une solide première place au classement pour les Boks. En attendant un très alléchant Afrique du Sud - Australie, la semaine prochaine.

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