Accueil Date de création : 29/08/07 Dernière mise à jour : 21/03/10 10:04 / 579 articles publiés
 

Tournoi des 6 Nations

Neuf bougies pour le centenaire  (Tournoi des 6 Nations) posté le dimanche 21 mars 2010 10:04

Le XV de France ne pouvait trouver de plus beau cadeau à offrir à ses supporters pour fêter le centenaire du Tournoi, qui plus est au terme d'une dernière rencontre face à l'Angleterre. Avec ce neuvième grand chelem, la France se rapproche du Pays de Galles (10) et du XV de la Rose (12). Un XV de la rose qui aura tout tenté pour empêcher les hommes de Thierry Dusautoir de parvenir à ses fins.

On a senti les hommes de Martin Johnson libérés de la pression qui pesait sur leurs épaules après la campagne de presse très sévère à leur encontre. Après tout, n'ayant rien à perdre, renforcé de jeunes talents disposés à montrer ce qu'ils valaient, le XV d'Angleterre présentait sans doute le visage le plus dangereux pour des Français en attente d'un Grand Chelem.

Et on a d'ailleurs cru, pendant quelque minutes, à un remake de la demi-finale de la dernière Coupe du monde. En inscrivant un (bel) essai à la 5ème minute par l'excellent et prometteur Ben Foden, les Anglais ont pris un avantage dont on savait qu'il pourrait constituer un facteur déterminant dans la physionomie du match.

Mais le XV de France a bien réagi. Dans des conditions climatiques "britanniques", le pack tricolore a dominé son adversaire, en particulier en mêlée. Le combat fut particulièrement féroce et, paradoxalement, les Français jouèrent à l'anglaise, avec force coups de pieds, quand leur adversaire semblait davantage prêt à porter le ballon, y compris vers les ailes.

La charnière Française a montré que, toute prometteuse qu'elle soit, elle doit travailler encore sa gestion offensive. Le choix de jouer quasi-systématiquement au pied  (sans doute dicté en partie par les montées agressives de la troisième ligne anglaise) a conduit les Français à rendre les ballons à leur adversaire.

Valeureux en défense, les coéquipiers de Thierry Dusautoir ont pourtant connu quelques situations assez dangereuses. Et le petit jeu au pied "dans la boite" de Toby Flood a procuré quelques sueurs froides aux supporters tricolores.

Animation offensive, adaptation défensive, voilà sans doute les deux gros chantiers qui attendent le staff tricolore pour les prochains mois. En attendant, ne boudons pas le plaisir immense procuré par ce Grand Chelem qui a couronné le travail des sélectionneurs souvent critiqués, et qui récoltent le fruit de leurs efforts.

On est plutôt confiant pour l'avenir : le groupe d'internationaux est riche, talentueux et animé d'un état d'esprit qui peut le conduire loin.

En résumé, le nouveau centenaire ne se présente pas trop mal...

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Messieurs : les Anglais. Tirez les premiers !  (Tournoi des 6 Nations) posté le mercredi 17 mars 2010 20:44

Comme le dit David Marty, "ça commence à sentir bon pour le grand chelem". Pour autant, il convient de garder la tête froide. Car nos meilleurs ennemis s'y entendent pour transformer les fumets les plus appétissants en épouvantables remugles.

Qu'on se souvienne du tournoi 1991 ou de la coupe du monde 2007. Dans le premier cas, un jeu flamboyant assorti d'un des plus beaux essais de l'histoire de ce sport n'avaient pas permis aux Bleu de l'emporter. Dans le second, le rugby musculeux et calculateur proné par Bernard Laporte avait trouvé plus efficace que lui.

Qu'en sera-t-il samedi ?

On dit les Anglais à la peine. Qu'ils se cherchent et qu'ils sont en mal de fond de jeu. Il est vrai que les statistiques ne plaident pas vraiment pour eux dans ce tournoi : poussif face aux Italiens, les Anglais ont peiné contre le Pays de Galles, subi la loi d'Erin à domicile et ne sont pas parvenus à marcher sur les chardons ardents la semaine passée, à Murrayfield.

En face s'avance la rutilante armada bleue. On ne saurait qualifier son jeu d'enthousiasmant, mais il présente une solidité et une cohérence qui fait défaut aux hommes à la rose.

Alors que même les observateurs d'Outre-Channel estiment que Marc Lièvremont est parvenu, contre vents et marées, à fixer un cap à son équipe, celle de Martin Johnson parait naviguer à vue. La méforme de certains joueurs et les absences se conjuguent aux choix discutables (et discutés) du sélectionneur anglais. Ainsi, celui-ci préfère se passer de Delon Armitage, qui avait tant fait souffrir les bleus l'an passé, et maintient le controversé Steeve Borthwick au poste de capitaine.

Mais on connait la chanson : même moribond, l'Anglais est fier. Il ne va pas facilement se laisser vaincre. D'autant qu'un grand chelem pour la France est aussi inconcevable pour lui qu'une main posée sur l'épaule de la Reine (on exagère à peine). Aussi, la méfiance est de mise.

La clé du match pourrait se trouver dans l'affrontement des packs et les phases de conquête. La mêlée anglaise est orpheline d'Andrew Sheridan et peine à retrouver son standing habituel. En revanche, en touche et sur les phases de ruck, le pack de la rose est armé, d'autant que Simon Shaw et Lewis Moody reviennent.

Derrière, la situation de Jonny Wilkinson fait également débat. Encensé par les supporters du RC Toulon, l'ouvreur Champion du monde est loin de faire l'unanimité parmi les spécialistes et les supporters Anglais. C'est pourquoi Martin Johnson a décidé de titulariser Toby Flood, l'excellent ouvreur des Leicester Tigers.

On pressent que le match sera dur et accroché, comme le sont toujours les "crunch". Il serait très opportun que les Français prennent le score, si possible rapidement, pour ne pas laisser le XV d'Angleterre engranger de la confiance. Dans le cas contraire, celle-ci pourrait bien changer de camp.

Après tout, les Anglais n'ont, eux, rien à perdre.

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Contrat rempli, vivement samedi !  (Tournoi des 6 Nations) posté le dimanche 14 mars 2010 20:38

Pas de suspens au Stade de France, cet après-midi. Et on ne s'en plaindra pas. Les Français avaient annoncé qu'ils prendraient les Italiens au sérieux. Ils ont tenu parole, inscrivant quarante-six point à leurs adversaires du jour. Le relâchement aussi compréhensible que sans conséquence en fin de match ne doit pas amoindrir le constat d'une domination sans partage des Français.

Le 46-20 du jour doit être pris pour ce qu'il est : un score très avantageux pour des tricolores qui ont su jouer juste sur plusieurs séquences. Et si les Italiens étaient sans doute très inférieurs aux Français, il ne faudrait pas oublier qu'ils n'ont jamais connu pareille domination de la part de leurs précédents adversaires lors de ce Tournoi 2010. On rappelera que les Ecossais, qui ont obtenu le nul face aux Anglais, ont perdu à Rome. Même s'il est tentant d'affirmer que le niveau de ce Tournoi est relativement faible, on doit reconnaître que l'Equipe de France est parvenue à poser d'intéressant jalons dans sa quête d'excellence.

Le Grand chelem est loin d'être acquis, les Anglais s'y entendant pour réduire très régulièrement à néant les rêves de gloire tricolores. Pour autant, les performances du pack Français ont été très intéressantes face aux Italiens, dont les avants, et particulièrement la première ligne était présentés comme le point fort. On a donc beaucoup vu les avants Français dans le jeu, et la qualité de la conquête fut satisfaisante. Derrière, les conditions du jour se prêtaient aux passes. Plusieurs essais furent le fruit de combinaisons bien exécutées. On n'a pas trop vu le jeu au pied Français, car les circonstances ne l'exigeaient pas vraiment.

Au final, les spectateurs auront apprécié les six essais tricolores, et nul doute que le staff tricolore donnera un satisfecit général aux Bleus du jour. Pas de quoi exulter (on attend samedi), mais un viatique idéal pour travailler au mieux cette semaine, avant un crunch des plus appétissants.

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Les yeux dans les étoiles  (Tournoi des 6 Nations) posté le samedi 13 mars 2010 16:01

Il est des moments où votre coeur bat un peu plus fort, où vous retrouvez une âme d'enfant émerveillé, où vous prenez conscience de vivre un moment d'exception.

Aujourd'hui, l'auteur de ces lignes a eu le privilège de rencontrer quelques monuments du rugby Français. A l'occasion de l'inauguration d'une exposition consacrée au centenaire du Tournoi des cinq (et aujourd'hui six) nations, préambule à l'édition d'un livre en mai prochain, le journal l'Equipe avait convié quelques éminents représentants de ce que le rugby français a produit de plus talentueux. Richard Astre, Jean-Pierre Bastiat, Michel Crauste, Walter Spanghero, Olivier Roumat, Abdellatif Benazzi, Fabien Pelous, Philippe Sella et Serge Blanco avaient répondu présent à l'appel de François Morinière, le Directeur du journal et Richard Escot, en charge des pages "rugby" du quotidien.

Difficile de concentrer son attention sur l'exposition elle-même, pourtant fort intéressante, avec une iconographie remarquable, tout comme les commentaires éclairés légendant les clichés et les objets et livres parsemant les lieux. Difficile en effet de conserver le regard sur une image quand une icone est à côté de vous...

Il est toujours incroyable de constater combien ces monstres sacrés de l'ovale restent accesibles et d'une profonde humilité. De ce moment rare, on conservera le souvenir de quelques propos échangés avec Philippe Sella, Michel Crauste, Richard Astre ou de Jean-Pierre Bastiat expliquant, avec force gestes, comment on sautait en touche au temps où les "lifteurs" n'existaient pas...

Après un peu moins de deux heures à cotoyer les étoiles, il a fallu redescendre sur terre. Avec, dans le coeur, une petite flamme, celle de la passion pour ce sport, ravivée au contact de ceux qui l'ont si brillamment servi.

(Richard, merci infiniment)

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Surtout pas de blague !  (Tournoi des 6 Nations) posté le mercredi 10 mars 2010 13:32

Marc Lièvremont et Thierry Dusautoir ont prévenu : le XV de France a décidé de prendre le match de dimanche au sérieux.

Et ils ont raison de l'affirmer, au milieu de l'effervescence que provoque la perspective de remporter un Grand Chelem, qui plus est l'année du centenaire du Tournoi.

Depuis la victoire à demi-convaincante des bleus contre le Pays de Galles, il est assez normal de se projeter sur le "crunch" du 20 mars prochain. Après tout, l'Italie n'a pas battu la France depuis 1997. Et encore, c'était juste après le grand Chelem remporté par Titou Lamaison et ses copains. On imagine bien que la motivation n'était sans doute pas au rendez-vous grenoblois, il y a 13 ans.

Il est certain qu'une équipe de France même un peu molle du genou devrait normalement tranquillement s'adjuger une victoire synonyme de "finale" du Tournoi dans 10 jours. D'autant que l'Italie se présentera dans une formation qui ne sera pas, sur le papier du moins, la plus forte possible. La seule absence de Sergio Parisse la rend encore plus vulnérable qu'à son habitude.

Pour autant, méfions-nous de ces cousins turbulents qui s'y entendent pour jeter une belle pagaille sur le pré, quand on sait combien ce genre de comportement peut faire déjouer les tricolores. A cet égard, on peut rapprocher l'adversaire transalpin de celui des Highlands, qui partage avec lui, outre la propension à occuper le fond de classement du Tournoi, une réelle capacité à faire naître le trouble dans les rangs les mieux ordonnés, surtout quand ils sont frappés du coq. Requinqués par leur succès face à l'Ecosse, les hommes de Nick Mallett voudront forcément prouver qu'ils sont mieux que des sparring partners.

La lecture de la composition du XV de France qui débutera dimanche ne laisse pas de doute sur la volonté du staff tricolore de prendre le match au sérieux. Pas de changements devant, deux derrière par rapport à la dernière rencontre. Seuls Mathieu Bastareaud et Julien Malzieu échangent leur place avec David Marty et Marc Andreu. Pas de quoi bouleverser les automatismes d'une équipe solide ni amoindrir ses capacités à marquer des points. 

A condition d'attaquer, diront les méchantes langues restées sur leur faim il y a quinze jours. L'occasion est donc offerte au XV de France de travailler son jeu et de polir ses combinaisons. A lui d'en profiter. Sérieusement.

Le XV de départ : Poitrenaud ; Palisson, Marty, Jauzion, Andreu ; (o) Trinh-Duc, (m) Parra ; Dusautoir (cap), Harinordoquy, Bonnaire; Nallet, Pierre ; Mas, Servat, Domingo.

Remplaçants : Szarzewski, Poux, Chabal, Lapandry, Yachvili, Bastareaud, Malzieu.

23e homme : Baïocco

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